LES ÉQUIPEMENTIERS VONT PRENDRE EN CHARGE DE PLUS EN PLUS DE TÂCHES D’INTÉGRATION
Professeur Burkard Göschel – Chief Technical Officer, Groupe Magna, ancien Membre de la Direction du Groupe BMW, Président du « Grand Prix Manufacturing Association » (GPMA), Président du « Formula One Manufacturers’ Advisory Commission » (FOMAC). A l’occasion de la venue du professeur Göschel dans la capitale pour un événement organisé par ESG, celui-ci a accordé l’entretien suivant à « L’Electronique décodée » - Mars, 2008.
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Profil de Prof. Dr.-Ing., Dr.-Ing. h.c. Burkard Göschel
De 1965 à 1970, il fait des études d’ingénierie mécanique à l’Université Technique de Munich. Ingénieur diplômé, il obtient le titre de Docteur en 1976 à l’Université Technique de Stuttgart. Après une première année en tant qu’ingénieur chez Daimler-Benz, il rejoint en 1978 le Groupe BMW au département du développement véhicule.
De 1989 à 2000, il occupera les fonctions suivantes : Directeur du développement de BMW Motorrad, Directeur du projet Roadster, Directeur des Modèles de Série Spéciales et enfin Directeur du Développement Véhicule Complet. En mars 2000, il devient Membre du Comité de Direction du Groupe BMW, responsable du développement et des achats, un poste qu’il assure jusqu’à sa retraite fin 2006.
En février 2007, il est appelé par Maxwell Technologies en tant que Membre du Comité de Direction. En septembre 2007, le groupe Magna le nomme Chief Technical Officer. Depuis 2003, il est également titulaire d’une chaire à l’Université Technique de Graz et depuis 2004, à l’Université Technique de Munich.
Vous avez, en tant que Responsable du Développement du Groupe BMW, fait considérablement avancer l’électronique des véhicules. Comment les constructeurs automobiles peuvent-ils assurer qu’ils continuent d’en maîtriser la complexité ?
« Le besoin en fonctionnalité du véhicule augmente constamment. En outre, par la force des choses, la complexité augmente aussi. En ce moment, nous pouvons voir l’importance de la discussion en faveur d’une baisse nette des émissions de CO2 et pas seulement en Europe. En Californie et dans d’autres états des USA, les polluants doivent être réduits à ‘zéro’. On aspire à des véhicules dits ‘à émission zéro’. En plus, le nombre de morts par accident doit impérativement décroître. On doit accélérer le lancement de mesures en matière de sécurité active et passive. C’est uniquement via une structuration modulaire des hardwares et des logiciels que la complexité peut être amortie. Des modules adaptables permettent de limiter l’étendue des variantes. La mise en réseau, via logiciels, de systèmes, capteurs et actionneurs peut très souvent remplacer des solutions hardware. L’électrification des systèmes est un élément indispensable à l’obtention pour une mise en réseau simplifiée. »
On vous attribue l’image d’un défenseur d’une « orientation système ». Qu’entendez-vous par là ? Où se situe l’industrie automobile par rapport à cela aujourd’hui ?
« Les véhicules sont aujourd’hui développés selon des fonctions, comme p.ex. la gestion des flux d’énergie, de la sécurité active et passive, de l’ergonomie du poste conducteur et des informations de confort et de commodité ou selon des critères de plaisir de conduire. L’empreinte de chacune de ces fonctions s’aligne sur les valeurs des marques et les directives administratives. Ces caractéristiques de fonctions sont produites par l’interconnexion de systèmes. Via des interconnexions différentes, les systèmes alimentent des fonctions différentes. Un système d’information peut être une part de la gestion de l’énergie, de la sécurité active ou, grâce à une annonce des prochains virages, être également une part du plaisir de conduire. Une direction assistée, un stabilisateur actionné de manière électrique, un amortissement actif, peuvent être, avec le différentiel piloté, intégrés à une gestion de châssis toute nouvelle, offrant de la même façon un plaisir de conduire, une sécurité et un confort accrus. L’intégration des systèmes via des logiciels est l’un des nouveaux défis dans le domaine de l’intégration sur l’ensemble véhicule. La maîtrise des structures logicielles en est une condition indispensable. Des prestataires, comme ESG, issus de l’industrie aéronautique, peuvent y apporter un long horizon d’expérience. »
L’industrie automobile vit actuellement de grands changements comme AUTOSAR. Devons-nous nous aligner sur de nouveaux rôles de la branche ?
« Les directives administratives et les besoins des clients mènent à une explosion de la diversité des modèles. Des modules standardisés dans le hardware et les logiciels représentent un moyen potentiel pour faire face à cette diversité derrières les interfaces vus par le conducteur. A l’avenir, ceci ne suffira plus. Les équipementiers vont prendre en charge de plus en plus de tâches d’intégration, au-delà des limites des constructeurs. C’est l’une des tâches les plus essentielles pour réduire la pression des coûts. Le thème du logiciel, avec son importance croissante, est encore aujourd’hui largement sous-estimé. La préparation de modules logiciels et de structures transversales, configurés pour chaque constructeur, représente aujourd’hui encore un champ libre à conquérir par les prestataires. »
Vous êtes engagés dans la Formule 1. Est-elle un instrument marketing ou un bon champ de tests pour les innovations de l’avenir ?
« Alors que le GPMA s’occupe davantage des opportunités commerciales de la Formule 1, le FOMAC est actif, au sein de la FIA, en ce qui concerne l’élaboration des règlementations techniques. La Formule 1 est à la fois un instrument marketing et un champ de test pour les nouvelles technologies. A partir de 2009, la récupération de l’énergie cinétique sera introduite. On peut déjà constater que ceci conduit à des solutions intéressantes en matière d’économie d’énergie. La récupération de la chaleur perdue et l’utilisation carburant récupéré de façon régénérative représentent les prochaines étapes. La Formule 1 acquiert ainsi une place en haut des marches de la modernité et de la technologie. »
Vous avez été nommé récemment Chief Technical Officer chez Magna. Pouvez-vous nous en dire plus sur ce poste ?
« L’industrie des équipementiers, comme cela vient d’être énoncé, va jouer un rôle nouveau de plus en plus important. On lui confiera davantage de tâches d’intégration. Ma nouvelle tâche, telle que je la conçois, c’est de développer ce processus d’organisation. »
Laurent Meillaud (Traduction par M.D.) Les équipementiers vont prendre en charge de plus en plus de tâches d’intégration dans L’Électronique Décodée N° 1/2008, 2008

