L’OPEN SOURCE PERMET LA CONVÉRGENCE ET L’ARRIVÉE D’APPLICATIONS ISSUES DU MARCHÉ GRAND PUBLIC DANS LES EQUIPEMENTS EMBARQUÉS
Pascal Guichard, Product Marketing Manager, Division Controls & Security, Delphi Europe - Juillet, 2008.
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Profil de Pascal Guichard
Pascal Guichard est diplômé de l’INSA de Rennes, promotion 1988. Il travaille d’abord dans la conception hardware, puis software, de commandes numériques de machines outils, et en particulier dans le développement de systèmes multiprocesseur avec noyaux temps réel. Il entre chez Delphi en 1992 en tant qu’ingénieur système, dans le domaine des calculateurs châssis.
Ensuite il rejoint l’équipe « Body & Security » France (acquisition de Texton) en 1997, comme Program Manager. Puis en 1999, il prend la responsabilité commerciale de cette activité en France.
Depuis fin 2007, il a pour mission de développer le plan stratégique et de piloter les projets avancés pour Delphi C&S qui est le regroupement de « Body & Security » et de Mechatronics.
Quelle est la stratégie de Delphi en matière de voitures « low cost » ?
C’est un domaine qui nous préoccupe. La volonté de Delphi n’est pas d’adapter des composants déjà existants sur des voitures « low cost ». Nous cherchons à aller plus loin et à être une véritable force de proposition. Notre offre est spécifique dans la mesure où le segment du « low cost » amène les constructeurs à repenser complètement la conception d’un véhicule. Nous travaillons donc sur l’architecture électronique, que nous abordons de façon fonctionnelle pour offrir une version mieux adaptée. La division dans laquelle je travaille traite de l’électronique, au niveau de l’accès dans l’habitacle et des switches.
A quoi doit ressembler une architecture électronique « low cost » ?
Sur un véhicule classique, l’architecture électronique va assez loin car l’objectif est d’offrir un maximum de fonctions. Un véhicule « low cost » apporte un certain nombre de barrières. Il convient donc de limiter les fonctions et d’optimiser l’architecture en fonction des prestations qui auront été déterminées. C’est une source d’économies. Delphi est capable de proposer des solutions intelligentes en intégrant les fonctions, avec par exemple un seul package qui regroupe au niveau du cockpit le tableau de bord, les switches et la partie électronique. Contrairement à une idée reçue, il y aura bien de l’électronique dans les voitures « low cost », car celle-ci rend les fonctions moins chères.
Etes-vous impliqué dans des projets ?
Il y a pas mal de choses en cours. Ce n’est toutefois qu’après 2010, plutôt vers 2011, que l’on assistera à l’émergence d’architectures électroniques « low cost ». Pour le moment, les véhicules présents sur le marché – et en particulier la Logan – se contentent d’optimiser des solutions déjà amorties. On va voir dans le futur de vraies solutions de fond pour l’architecture électronique.
Est-ce que le « low cost » amène à repenser les méthodes de travail ?
Si vous prenez l’exemple d’un véhicule « ultra low cost » comme la Tata Nano, on est un peu dans l’extrême. Pourtant, il y a bien de l’instrumentation et un peu d’électronique à bord. Nous travaillons aujourd’hui avec des constructeurs d’Europe de l’Ouest sur l’architecture « low cost » dans le cadre d’une démarche spécifique. C’est un véritable challenge pour réduire les coûts. PSA Peugeot Citroën a fait pour sa part le choix d’une architecture électronique « transgamme ». C’est sans doute pratique, mais cela entraîne des coûts et ne permet pas par exemple d’offrir des véhicules aussi compétitifs que le voudrait le constructeur. On peut souligner au passage que les constructeurs chinois font tout le contraire et ajoutent au contraire des fonctions pour copier ce que font les occidentaux.
Quel est le cahier des charges pour les véhicules « low cost » ?
Il faut revoir la façon de travailler avec un design réalisé au plus juste et un développement dans les régions où sont conçus les véhicules « low cost ». Les équipes doivent travailler sur place, au contact des clients. Il n’est pas question de faire des compromis sur la qualité et la performance et de remettre en cause les acquis. Nous ne sommes pas dans le domaine de l’électronique grand public. Il ne faut pas oublier que l’environnement est rude, dans ces pays émergents, et que les composants doivent tenir le choc. Le constructeur donne les directives et nous proposons des solutions. Nous intégrons par exemple un transpondeur dans la clé – ce qui implique un dialogue avec le contrôle moteur – et du « body computer » pour les relais et les clignotants. La demande s’oriente vers une gestion intelligente de l’énergie pour consommer moins. En intervenant sur le mode de fonctionnement du véhicule, avec des composants qui restent en sommeil, cela évite de sur-dimensionner l’architecture. Delphi dispose d’outils pour simuler les flux de données et la vitesse de réponse entre les calculateurs. Cela nous permet d’explorer les différentes possibilités.
Laurent Meillaud, On assistera à l’émergence d’architectures électroniques « low cost » dans L’Électronique Décodée N° 2/2008, 2008

