UNE PARTIE DE L’INSTRUCTION TRADITIONNELLE PEUT ÉVOLUER VERS DU TUTORAT À DISTANCE
Hervé Berriet, Président, Eurocopter Training Services - Juin, 2011.
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Profil d’Hervé Berriet
Fort de 35 années dans l’aéronautique – dont 30 ans sur hélicoptère – Hervé Berriet totalise plus de 5 000 heures de vol. Son expérience de plus de 20 ans en tant que pilote d’hélicoptère lui a permis de rejoindre le groupe Eurocopter en 2001, au sein de la cellule instruction du campus de Marignane.
Tout d’abord, Hervé Berriet fut responsable des instructeurs-pilotes, puis des instructeurs techniciens pour devenir directeur des formations de Maintenance en 2006… Cette mission lui a permis d’appréhender les challenges réglementaires auxquels le centre de training de Marignane devait faire face et qui se poursuivent aujourd’hui.
En 2008, Hervé Berriet est nommé Président d’Eurocopter Training Services, filiale consolidée à 100% du groupe Eurocopter, totalement dédiée à l’activité training.
M. Berriet, vous présidez Eurocopter Training Services dont le centre à Marignane est devenu le plus grand centre de formation hélicoptère au monde en termes de capacité de formation, d’approbations réglementaires, du nombre de qualifications de types et de cours spécifiques proposés, mais également en termes de moyens pratiques d’instruction. Quelles sont les grandes tendances pour la formation dans votre secteur ?
Nous assistons dans nos métiers à des évolutions visant à faire évoluer la formation et les moyens qui lui sont consacrés. Cela passe par la diminution du temps d’immobilisation de moyens lourds et coûteux (simulateurs de vol, hélicoptères réels, maquettes,...) en transférant une partie des tâches de formation sur l’utilisation de moyens pédagogiques « light » basés sur la 3D et la réalité virtuelle.
La proximité des centres de formation des sites d’implantation de nos clients est importante ainsi que notre capacité à proposer des services de formation complémentaires à la qualification de type, accessibles à distance et à coûts modérés. Enfin, il nous faut réduire la durée d’indisponibilité des stagiaires, ce qui nous conduit à réduire la durée de partie théorique de la formation ; cela est rendu possible grâce au e-Learning.
Nous observons un échange de plus en plus riche entre acteurs traditionnels et sociétés issues des jeux de vidéos. Quel sera l’impact des « Serious Games » selon vous ?
Le concept des « Serious Games » est peu approprié à la qualification de type (QT) qui est très réglementée, technique, rigoureuse et longue, mais il pourrait être utilisé pour de la formation « comportementale » sur des sujets spécifiques, et/ou pour prendre en compte les habitudes de la classe de génération dite Y. En effet, les formations qualifiantes nécessitent un échange humain comme la valorisation du retour d’expérience et un aspect pratique à ce jour incontournable.
Par contre, tous les services Training avant et après la QT sont à développer ; la notion de « blended learning » peut répondre à ces attentes et une partie de l’instruction traditionnelle peut évoluer vers du tutorat à distance.
Pensez-vous qu’après la 3D on passera à la réalité virtuelle ?
Oui, en réponse à certains objectifs pédagogiques.
Quels atouts, quelles limites y voyez-vous ?
L’utilisation de moyens de formation basés sur la réalité virtuelle permet effectivement de diminuer le temps d’immobilisation des moyens lourds et coûteux en transférant une partie des tâches de for-mation sur ces nouveaux outils. Ils permettent également de réaliser des tâches et des scenarios d’exercices impossibles sur moyens réels (dégradations impossibles sur un hélicoptère réel ou une maquette).
Ils ont cependant leurs limites. Certaines tâches nécessitent une pratique en condition réelle ou très proche de la réalité : la « safety » est à ce prix ; les performances nécessaires côté informatique ne sont pas toujours accessibles à certains clients. Enfin, il convient de prendre en compte la mise à jour des moyens concernés et son coût.
Est-ce que les futures innovations pour vos produits devraient faire changer la façon de former ou de faire évoluer les compétences ?
En partie pour les raisons évoqués ci-dessus ; mais à terme oui, bien évidemment.
Une partie de l’instruction traditionnelle peut évoluer vers du tutorat à distance dans L’Électronique Décodée N°1/2011, juin 2011

