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RESTER LE NUMÉRO UN EN APRÈS-VENTE EST UN TRAVAIL DE LONGUE HALEINE
Harry Salamon, Directeur Général Services, Mercedes-Benz France - Octobre, 2010.
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Profil d’Harry Salamon
Harry Salamon débute sa carrière dans un laboratoire pharmaceutique avant d’entrer, en 1983, chez Mercedes-Benz Belgique en tant que responsable de l’organisation et des services informatiques. Après avoir été chargé de plusieurs projets internationaux au niveau de l’organisation générale du groupe, il intègre, en avril 2000, le comité de direction de Daimler-Chrysler France, puis Mercedes-Benz France, au poste de Directeur Général Services.
Mercedes a été distingué par trois prix*, dont celui des services achats et après-vente. C’est une consécration pour vous ?
Le jury du Grand Prix des Marques Automobiles, animé par le Journal de l’Automobile et TNS Sofres, a en effet reconnu notre marque en lui attribuant un numéro un historique. C’est un événement, car le prix de l’après-vente est essentiellement basé sur l’appréciation de nos clients. Ce genre de distinction encourage le réseau dans l’amélioration du service rendu. Elle récompense l’interaction qui peut exister entre le réseau, les centres de logistique et les équipes en contact avec la clientèle. Je ne vous cache pas que c’est un résultat apprécié et qui vient encourager les efforts que nous menons depuis des années.
Daimler a une stratégie d’entreprise connue sous le nom « CSI Number One ». Pouvez-vous nous détailler ce concept ?
Ce concept, lancé en 2006 chez Mercedes et Smart, fait de la satisfaction clientèle une véritable priorité. Chaque pays dans lequel le groupe Daimler est présent a pour objectif de se classer sur le podium des constructeurs en matière de qualité de service, et si possible à la première place. Lorsque le programme a été lancé, le réseau a pu se poser des questions, car la démarche était ambitieuse. Certains se sont demandés, si la marque n’allait pas devenir trop élitiste. Mais, avec le recul, on voit qu’il était pertinent de proposer au sein de la marque à l’étoile un service « premium » en phase avec les attentes de la clientèle. La qualité perçue se situe à un niveau élevé. Nous avons pu élaborer ce chantier en intégrant le réseau. Je tiens à lui exprimer toute ma reconnaissance pour le travail effectué et pour les résultats obtenus.
Vous avez lancé également la « Mercedes Academy » ...
Il est vrai que nous avons aussi misé sur la formation. Le concept de la Mercedes Academy consiste à favoriser sous le même toit une synergie entre la vente et l’après-vente. Le programme s’articule autour de quatre piliers : la vente, le management (vente et SAV), la formation technique produit et pièces de rechange, ainsi que les process et le relationnel. C’est une démarche globale qui porte ses fruits.
On se rappelle que la marque avait connu quelques problèmes dans le passé, en raison d’une complexité mal maîtrisée.
Où en êtes-vous aujourd’hui ?
Nous avons eu des soucis techniques à une époque, en particulier sur la Classe E avec des défauts d’ordre électronique. Mais, cette période est révolue. Une marque comme Mercedes se distingue depuis toujours par son avance technologique. L’innovation doit toutefois s’accompagner de la meilleure qualité, avec un plan d’action visant à pallier rapidement et de façon conséquente les éventuels défauts de jeunesse. Que ce soit en Formule 1, sur une voiture, un utilitaire ou camion, il faut pouvoir garantir la fiabilité. La marque a réussi à maîtriser l’informatique embarquée, avec tout ce que cela implique en matière de compatibilité entre calculateurs et versions de logiciels. Mercedes procède en amont à plus de tests et poursuit cette approche de qualité totale en pré-production. Nous disposons également d’outils de diagnostic très puissants pour détecter les pannes et corriger les erreurs de logiciels. Nous arrivons aujourd’hui à une plus grande maturité.
Comment abordez-vous l’arrivée de la voiture électrique et hybride ?
Le réseau doit s’adapter. Lors du lancement de la S400 hybride, nous avons identifié des postes spécifiques, où ont été mises en place certaines compétences ainsi que des normes de sécurité. Il y a un risque inhérent à la haute tension, ce qui implique de la formation et des procédures à mettre en place. Si l’on y réfléchit bien, la technologie électrique est finalement assez ancienne. Elle bénéficie aujourd’hui d’une nouvelle jeunesse, sous l’effet d’une technique mieux maîtrisée et de nouvelles batteries, mais ce sera un moindre choc que quand nous passerons à la pile à combustible. La voiture à hydrogène posera plus de problèmes, tant au niveau de l’informatique embarquée que du stockage de l’énergie. Il nous faut cependant digérer cette première phase avec des voitures comme la Smart ED, que je trouve facile d’utilisation et qui pourrait devenir un bon vecteur de communication comme par exemple, une utilisation comme véhicule de courtoisie en atelier. Le passage du thermique à l’hybride et à l’électrique est un moment passionnant.
On a le sentiment que la technique compte beaucoup chez vous ?
Mercedes est une marque où la technicité est un facteur de fierté, y compris en France. Nous avons des techniciens de diagnostic de haut niveau, qui œuvrent sur le terrain avec passion. Pour une marque Premium, il est important d’avoir un socle technique solide, car le client est en mesure d’en évaluer la compétence et de l’apprécier. Nous vérifions d’ailleurs régulièrement le niveau de notre réseau en réalisant des tournées avec un véhicule mystère, volontairement dégradé pour tester la connaissance technique en atelier.
Plus globalement, quelles sont les évolutions chez Mercedes en matière d’après-vente ?
Nous avons beaucoup misé sur la qualité du service. Ce choix a été payant, car pendant la crise de l’an dernier, nous avons enregistré de la croissance en atelier et au niveau des pièces de rechange. Et ça se poursuit encore cette année. Nous avons en fait lancé un plan d’exploitation, en ciblant notre parc et en développant de nouveaux produits, comme des contrats de services et des forfaits de réparation. L’effort va se poursuivre sur 2011 et 2012.
La volonté est de sortir de l’atelier et d’aller à la rencontre du client, tant pour la voiture particulière que pour le véhicule industriel. Par nos forfaits avec un entretien à coût maîtrisé, un suivi attentif de la clientèle avec des attentions comme le rappel après intervention**, nous arrivons à améliorer la qualité et la relation client.
* Les autres prix sont « agrément et design » et le prix de la 3ème place au classement général.
** 50 à 60% des clients sont recontactés après un passage en atelier pour s’assurer de leur satisfaction et répondent à un questionnaire.
Cela fait dix ans que vous occupez ces fonctions. Avez-vous le sentiment du devoir accompli ?
Mon activité couvre la technique de tous nos produits, la relation client, les ventes et le marketing lié aux pièces de rechange, ainsi que la logistique. Le parcours a été considérable en dix ans, mais ce n’est pas fini. Au contraire.
La croissance de l’après-vente et la maîtrise de la qualité du service définissent une stratégie SAV forte de Mercedes-Benz totalement compatible et indispensable pour la santé et le développement de notre réseau. Le client en reste le point central ! Rester le numéro un, quand on est une marque Premium comme Mercedes est un travail de longue haleine. Le plus passionnant est encore à venir !
Rester le numéro un en après-vente est un travail de longue haleine dans L’Électronique Décodée N°2/2010, 2010


